vendredi 7 octobre 2011

Soap&Skin – Lovetune for Vacuum

Un bal torturé, ou plutôt, le bal des torturés; je ne saurais pas trop comment décrire autrement le premier album de Soap&Skin, projet de la jeune Autrichienne Anja Plaschg. Idéalement, vous pourriez tous écouter l’album en lisant ceci, mais ce n’est pas l’idéal, alors voilà; le monde qui enveloppe Lovetune of Vacuum est inquiétant, sombre et fascinant. On imagine facilement une petite fille dans une robe bouffie en satin noir, contrastant avec son teint blême, jouant avec ses petites poupées en porcelaine, comme si elle jouait avec des répliques miniatures d’elle-même. Elle est seule et s’amuse naïvement, ne se doutant de rien. Et moi aussi, je ne me doutais de rien.

Du haut de ses 18 ans, Anja Plaschg nous étonne de sa sensibilité et de son flaire pour les ambiances quasi gotique qui plane sur Lovetune of Vacuum. Par contre, en lisant d’avantage sur la personne derrière Soap&Skin, on ne s’étonne peut-être pas d’apprendre qu’elle c’est toujours considérée comme étant assez marginale, même depuis sa plus tendre enfance. D’entre les pièces de ce premier effort transparaît une grande fragilité, mais aussi une sagesse amère qu’on reconnait chez les vieilles filles. Sa voix, très particulière, est aux allures d’une Cat Power légèrement plus jeune et plus innocente, mais l’ensemble de l’œuvre pourrait facilement se rapprocher des premiers albums de Cocorosie et même, par moment, on présent des clins d’œil à Björk.

Chaque chanson semble être, à la fois, la complainte d’un amour fracassé, mais aussi celle d’une vie quelque peu troublée. Passant de la ballade piano-voix (Thanatos, Spiracle, en fait, pas mal tout l’album) à des essais du côté électronique (Marche Funèbre, DDMMYYYY, Fall Foliage) et même une ou deux pièces strictement instrumentales (Turbine Womb), Lovetune for Vacuum dévoile une douce mélancolie face à laquelle on ne peut rester de glace.


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