
Je vous avertis tout de suite, même si Jay-Jay Johanson (Jay-Jay pour les intimes) était de passage à Montréal pour souligner la réouverture de l’espace eXcentris, je ne vois pas l’intérêt de plonger dans une description du lieu en tant que tel. C’est beau (dans le genre « branché St-Laurent »), mais hormis ça, pas grand-chose à dire. Le centre se donne une nouvelle vocation qui se veut plus axée sur la musique et les arts de la scène avec deux salles multifonctions qui pourront présenter tant de la danse contemporaine que des shows électros, comme le spectacle d’inauguration : Jay-Jay.
La première partie du spectacle était assurée par les Montréalais Numéro#. Choix un peu surprenant, je dois l’admettre, surtout que le concept était un spectacle intime et quasiment acoustique. Mais bon, ils ont tout de même su tirer leur épingle du jeu avec leurs mélodies électro-pop accrocheuses et quelques blagues. Reste qu’on a pu observer tout un décalage entre leur prestation et celle de Jay-Jay.
Sans trop faire attendre la foule, les rideaux de la salle Cassavetes dévoilaient un piano, deux claviers et un micro. Après quelques albums plutôt centrés sur des lignes électroniques, le nouvel album de Jay-Jay Johanson (Self-Portait) promettait un retour aux atmosphères trip-hop épurées qu’on lui connaissait. Les premières notes jouées par son pianiste Erik Jansson nous ont replongé directement dans les premiers succès de l’artiste suédois : « I’m Older Now », « Believe In Us », « Anywhere Anytime », « Milan, Madrid, Chicago, Paris », « She’s Mine But I’m Not Hers » et j’en passe. Ce que j’ai trouvé remarquable était la qualité de l’interprétation et des réadaptations. La voix sensible et mélancolique que l’on retrouve sur les albums est magnifiée à la puissance dix en spectacle et on est rapidement transporté dans un monde de solitude qui est caractéristique aux textes intimes de Johanson. Pendant quasiment deux heures, le personnage frêle et timide nous a chanté la tristesse et le déchirement. Ici et là, il incorporait des nouveautés tirées de Self-Portait, suffisamment pour que nous puissions retrouver les titres qui ont fait de Jay-Jay Johanson un artiste incontournable de la scène électronique, tant pour ses albums que ses spectacles hypnotisants.
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