lundi 19 décembre 2011

Top albums 2011

Il est venu le temps de la traditionnelle liste des meilleurs albums de 2011, selon moi, évidemment. La voici, sans plus attendre.


The Weeknd - House of Balloons

Projet du canadien Abel Tesfaye, The Weeknd a rapidement fait des remous sur la scène indépendante avec son premier "mixtape": House of Balloons. N'étant pas un fan du genre r'n'b à la base, je me suis retrouvé vite charmé par la mélancolie et l'aspect très glauque de son album. Les atmosphères électroniques qu'il réussit à créer sur ce disque sont remarquables de noirceur et de spleen (la pièce "The Knowing", entre autres). Seul chose, il ne faut pas trop s'attarder sur les paroles (peut-être un peu trop... extrême à mon goût?). Certainement l'album qui a le plus tourner sur mon iPod, ce qui lui mérite le titre du meilleur album de 2011.


Adele - 21

Le deuxième album de la britannique Adele, 21 est un véritable hommage aux cœurs brisés. Et, la sortie de son album est un exemple de bon timing: fin janvier, très proche de la St-Valentin. Hasard? Je ne crois pas. Mais bon, pour en revenir à l'album en tant que tel, ce qui fait le talent de cette chanteuse est son instrument. Sa voix est à la fois puissante et sensible et nous la sentons très près de ses émotions tout au long des pièces qu'elle signe pour le plus part (sauf une reprise du groupe britannique légendaire The Cure: "Lovesong" - qu'elle reprend à merveille de façon très personnelle). Pas étonnant qu'elle soit dans les palmarès partout en 2011; elle est un exemple d'authenticité et de passion.

Ane Brun - It All Starts With One

Le grand retour de l'une de mes artistes chéries, la norvégienne Ane Brun nous présente un nouvel album mature et équilibré. La voix unique de la chanteuse est bien mise de l'avant sur chaque pièce et je me plaît à redécouvrir la douceur et la tendresse qui m'avaient envoutées sur son album A Temporary Dive, sortie en 2005. Six ans plus tard, et elle a gagné en assurance, proposant des textes et des musiques plus étoffés, tout en respectant son univers folk. Plusieurs bijoux truffent cet album (qui n'est pas encore disponible an Canada, soit dit en passant), notamment un duo hypnotisant avec l'artiste suèdois José González sur la pièce "Worship". À découvrir et à aimer.

Ces trois sont les albums qui ce sont vraiment démarqués, à mon avis. Bien entendu, plusieurs autres étaient très bon, donc voici une liste... dans le désordre!

James Blake - James Blake
Pierre Lapointe - Seul au piano
Florence + the Machine - Ceremonials
PJ Harvey - Let England Shake
Duchess Says - In a Fung Day T !
Disappears - Guider
Anna Calvi - Anna Calvi
Gil Scott-Heron & Jamie xx - We're New Here
Mogwai - Hardcore Will Never Die, But You Will
Agnes Obel - Philharmonics
Apparat - The Devil's Walk

... et j'en oublie clairement!

En espérant que 2012 sera autant (sinon, plus) intéressante sur le plan musical!

Et vous, quels sont vous coups de cœur de 2011?

Fridge - Early Output 1996-1998

Il n’est jamais évident de cerner la pertinence d’une compilation. Plus souvent qu’autrement, l’exercice ne propose aucune cohésion entre les pièces proposées et il est difficile de voir un fil conducteur. Malheureusement, Early Output 1996-1998 du groupe anglais Fridge n’échappe pas à la règle.

Tout d’abord, l’album rassemble des morceaux d’albums sortis, à l’époque, sur le label britannique Output Recordings (fermé depuis 2006). De plus, il compte sur des pièces inédites que le trio a décidé de ressortir des boules à mites pour le plus grand plaisir des fans. Tout ceci peut sembler intéressant, même excitant, mais voici où le tout se gâte : c’est à la fin des années 90 que Kieran Hebden, l’un des membres du groupe, lance son projet solo Four Tet, probablement la plus connue de l’ensemble des formations dérivées de Fridge. Vous me direz certainement que ceci n’a rien à voir avec l’album, mais détrompez-vous ; exception faite des pièces qui se retrouvent préalablement sur les albums de Fridge (EDM 1, Helicopter et Cassette, entre autre), on devine beaucoup trop les univers de Four Tet. Il reste tout de même que Early Output 1996-1998 est un incontournable pour tous les amateurs du trio, surtout pour ceux et celles qui n’ont pas pu mettre la main sur les albums Ceefax et Semaphore qui composent la majorité des pièces de la compilation. Mais si, toutefois, vous désirez vous procurer l’album pour les inédits, il serait préférable de se tourner vers un disque de Four Tet où l’on voit réellement l’aboutissement de ses « nouvelles » pièces.


jeudi 8 décembre 2011

Caspian - The Four Trees

The Four Trees, premier du groupe américain Caspian, est pratiquement un hommage au genre post-rock classique. Le quintet s’est tout d’abord fait connaître sur la scène grâce à leur EP sorti en 2005 You Are the Conductor, qui a reçu des critiques plutôt mitigées.

Deux ans plus tard arrive The Four Trees, qui lui, fut acclamé. Tous et chacun souligneront la grande fougue avec laquelle ces jeunes du Massachusetts rendent leur son très ambiant, limite minimal par moment, et parfois, voire soudainement, très dense et lourd.

Mais nous voilà en 2009, quasiment deux ans plus tard avec ce disque qui, fort malheureusement, semble avoir vieilli un peu trop rapidement. Bien entendu, les qualités de The Four Trees sont intactes ; la force de ses contrastes et sa très grande musicalité. Malgré sa formule un peu classique, on reste surpris de l’intensité des pièces (qui rappelle parfois Mono ou Pelican) et avec quelle habileté l’ensemble nous fait passer d’une piste à l’autre, d’une émotion à l’autre.

L’exploit de cet opus n’est pas dans sa grande originalité, mais plutôt le contraire : The Four Trees est un très bon exercice de post-rock. Bien qu’il n’explore pas nécessairement de nouveaux horizons, il n’en reste pas moins que cette sortie a quelque chose d’une valeur sûre et on comprend aisément pourquoi certains le considèrent comme un incontournable du genre.

lundi 21 novembre 2011

Mono - Hymn to the Immortal Wind

Depuis 2000, ce quatuor japonais ne cesse de sortir des albums d’une beauté et d’une sensibilité à chaque fois plus intense. Avec Hymn To The Immortal Wind, Mono reste fidèle à ses habitudes. Voilà un cinquième album studio pour souligner leur dixième anniversaire, rien de moins, nous laissant vraisemblablement un des albums les plus forts de 2009.

La structure de ce nouvel opus est semblable à celle que l’on retrouve dans leurs sorties précédentes. Toutefois, on ne se lasse pas de la formule guitares lourdes, percussions mordantes, montées dramatiques et juste assez d’intensité. De plus, Hymn To The Immortal Wind fait preuve d’une évolution depuis You Are There, sorti en 2006. Les mélodies sont d’avantage axées sur le côté orchestral de la chose, s’inspirant ici et là de la musique orientale (« Ashes In The Snow ») et reprenant des bribes de leur album Palmless Prayer / Mass Murder Refrain, majoritairement inspiré des univers de World’s End Girlfriend, qui a collaboré à l’œuvre.

Par ailleurs, le quatuor a fait appel à un orchestre de chambre d’une vingtaine de musiciens pour l’occasion. Le point culminant de l’album reste certainement la pièce « The Battle To Heaven », qui intègre tous les aspects qui érigent Mono au rang de l’un des plus importants groupes de musique post-rock. Cette pièce est, comme le titre le suggère, un combat entre la simplicité et la puissance de leur oeuvre.

Hymn To The Immortal Wind est certainement l’un des albums les plus grandioses que le groupe ait pondu et, bien entendu, on leur souhaite un autre dix ans, pour notre plus grand plaisir aussi.

jeudi 17 novembre 2011

Pawa Up First - The Outcome

Décidemment, Pawa Up First ont trouvé la formule magique. La jeune formation montréalaise nous revient avec un troisième album, The Outcome, et le décor n’a pas changé. Depuis 2001, Serge Nakauchi Pelletier et ses amis derrière Pawa Up nous proposent un rock à saveur morricone/rock/rap avec une touche d’électro.

Toujours très cinématographiques, leurs ambiances nous transportent, dès les premières notes, dans un film western-spaghetti inquiétant et sombre dont les seuls rôles parlés sont joués par des rappeurs montréalais : Boogat et D-Shade (de Shades of Culture). Et quelles contributions extraordinaires que celles de ces vedettes du rap québécois. En plus d’être franchement puissante, surtout la pièce « Territorio (feat. Boogat) », leur performance offre une variante particulière à la musique que l’on surnomme « post-rock » : un flow.

Une trame sonore accompagne des propos présentés différemment et de façon autrement plus rafraichissante. Par contre, The Outcome ne semble pas vouloir ce défaire d’un son parfois trop semblable aux albums précédents. Il marque tout de même des points avec des pièces comme « Nowhen » et « Last Man Standing », dans lesquelles on ressent toute la fougue et l’urgence du groupe. Et même, à certains moments, la part d’électro prend le dessus et on se laisse emporter par un souffle brumeux et lugubre (« The Ruins »).

À la fin, la pièce qui signe l’album, « The Outcome », illustre bien l’optique de ce troisième opus : ce que l’on connait du groupe montréalais, ce qu’on attendait d’eux et une touche de nouveauté. Décidemment, Pawa Up First ont trouvé la formule magique et font dorénavant partie intégrante du paysage musical québécois.

lundi 7 novembre 2011

Tortoise - Beacons of Ancestorship

Le quintet de Chicago aux multiples formations synonymes et sous-groupes nous revient enfin avec un nouvel album fort attendu. Ce géant de la musique rock instrumentale (post-rock ?), considéré comme l’un des pères fondateurs du mouvement aux États-Unis, renaît 5 ans après « It’s All Around You », probablement l’un des albums les plus « beige » que le groupe ait sortis.

Aux limites du psychédélique, « Beacons of Ancestorship » propose un nouveau portrait musical. Mélangeant distorsion et mélodie, l’accent est mis sur des sons percussifs et mordants (Northern Something, Yinxianghechengqi, etc.). Beaucoup plus synthétique que ce que l’on pourrait s’attendre d’un groupe qui ère normalement plus proche du jazz, l’ensemble est réellement plus électronique qu’acoustique. On est loin de l’œuvre cérébrale de « Millions Now Living Will Never Die » : moins abstrait ; plus instinctif, parfois même plus inquiétant. La pièce The Fall of Seven Diamonds Plus One incarne probablement le Tortoise des débuts, mais avec une touche grise qui est non sans rappeler le travail d’Ennio Morricone. Quinze ans après leur premier album, « Beacons of Ancestorship » est en quelque sorte un retour aux sources, pas nécessairement au niveau du son, mais plutôt sur la démarche. Le désir d’outrepasser les limites de la musique rock (ou jazz) conventionelle est toujours aussi important et l’urgence des premiers moments y est toujours. On sent qu’ils ont voulu tenter quelque chose de nouveau ; voir jusqu’où ils pourraient se rendre, tout en gardant leur signature, leur image. Le produit final est à la hauteur de l’image quasi légendaire du groupe qui a su se distinguer dans le passé par une volonté d’expérimentation sans contrainte. On retrouve enfin le Tortoise des vieux jours, mais avec une touche de renouveau bienvenue et, apparemment, nécessaire.

mardi 25 octobre 2011

Fréquences Enivrantes

À l’occasion du festival « I Love Neon & High Food », Montréal avait la chance d’accueillir une des grandes figures du hip-hop nouveau genre : Flying Lotus. La première soirée avait pour tête d’affiche cet artiste de Los Angeles, mais aussi ses compatriotes Lazer Sword et le Montréalais Hovatron. Il ne s’agissait pas d’une soirée hip-hop ordinaire, rien à voir avec les clichés. Le mot d’ordre était le plaisir; le plaisir par la musique. Et quelle musique!

Impossible de rester de glace face aux fréquences enivrantes des samples que crachent les enceintes de la SAT. Comme hypnotisé par les mélodies analogiques du premier DJ, Hovatron, on se retrouve en un rien de temps plongés dans le monde où le rythme est roi et, pourquoi pas, aussi danseur (« Rhythm Is A Dancer »?). Le pire est que cette pièce de l’illustre époque euro-dance des années 90 aurait eu sa place au sein des échantillons proposés par Lazer Sword, un hybride entre l’expérimentation et le kitsch.

Tous les ingrédients pour une soirée haute en couleurs étaient réunis : jeu de lumières, projections (passant du pixel minimal au quétaine assumé) et foule en délire. La salle s’est remplie rapidement et il n’a fallu que quelques notes pour que les gens entrent en transe. C’était aussi un joli échantillon de la scène underground de Montréal à laquelle quelques fêtards américains s’étaient ajoutés. Je retiendrai la sensation de vibration dans ma cage thoracique et l’envie incontrôlable de taper du pied très très fort.

mardi 11 octobre 2011

La fée clochette

C’est par un vendredi soir froid et pluvieux de novembre que la chanteuse et multi-instrumentiste Imogen Heap débarqua à Montréal. Devant Le National qui affichait complet, l’artiste britannique venait nous présenter son nouvel album, Ellipse. Probablement grâce à de nombreuses apparitions musicales dans des téléséries américaines à grand succès, la salle était comble et on sentait la foule surexcitée. Bien avant d’entendre les premières notes, la table était mise : sur la scène, on comptait un grand arbre blanc, un piano transparent vidé, une chaise recouverte de fourrure blanche et des guirlandes de lumières ici et là. On aurait cru avoir devant nous le décor d’une forêt enchantée ou la chambre d’une adolescente qui s’accrocherait aux contes de fées de son enfance. Quoi de mieux pour habiller l’univers d’Imogen Heap.

Immédiatement en arrivant sur scène et comme par magie, elle établit un contact direct avec la foule conquise d’avance. On tombe volontiers sous le charme de cette grande enfant qui nous chante ses hauts et ses bas. Fredonnant entre les pièces et dansant avec un plaisir contagieux, on avait l’impression qu’elle nous lisait les pages de son journal intime. N’hésitant pas à verser dans l’anecdotique, Imogen nous amena ses chansons de façon légère et naïve. Mais attention, il ne faut pas se laisser prendre au jeu de cette simplicité juvénile : derrière toutes ces chansons aux allures innocentes se cache un travail de moine. Artisane de la « loop » et des effets, quasiment rien n’est préenregistré. Elle monte les pièces couche par couche, rythme par rythme. À ses poignets, elle s’arme de deux petits micros qui amplifient tous les sons et le tour est joué. Bien entendu, tout n’est pas trafiqué : sa voix reste intacte et captivante. Elle est aussi très ingénieuse dans le choix de ses instruments; jumelant l’array mbira (un petit piano à pouces d’origine africaine), le keytar (fusion entre la guitare et le clavier), le piano, un petit oiseau robotique et un carillon. Elle invite même, dans chaque ville, un violoncelliste différent pour l’accompagner sur quelques pièces.

Le clou de la soirée était sans nul doute son rappel. Elle nous a offert les incontournables de son répertoire (Hide & Seek et Just for Now ), mais cette fois, sans artifice. À la place, elle a fait appel au public qui était plus que ravi de l’accompagner dans ses pièces électropop douces amères. Entonnant les paroles des chansons, l’audience embarqua avec grand plaisir dans l’orchestre dirigé par Imogen. Une finale toute en douceur pour terminer un spectacle qui a fait le plus grand bonheur de tous ceux et celles qui ont eu la chance d’y assister. Reste à voir si elle pourra répéter l’exploit lorsqu’elle sera de retour en avril 2010. À suivre (avec un plaisir quasi coupable).



samedi 8 octobre 2011

Inauguration de l’eXcentris: 3 J pour un nouveau X




Je vous avertis tout de suite, même si Jay-Jay Johanson (Jay-Jay pour les intimes) était de passage à Montréal pour souligner la réouverture de l’espace eXcentris, je ne vois pas l’intérêt de plonger dans une description du lieu en tant que tel. C’est beau (dans le genre « branché St-Laurent »), mais hormis ça, pas grand-chose à dire. Le centre se donne une nouvelle vocation qui se veut plus axée sur la musique et les arts de la scène avec deux salles multifonctions qui pourront présenter tant de la danse contemporaine que des shows électros, comme le spectacle d’inauguration : Jay-Jay.

La première partie du spectacle était assurée par les Montréalais Numéro#. Choix un peu surprenant, je dois l’admettre, surtout que le concept était un spectacle intime et quasiment acoustique. Mais bon, ils ont tout de même su tirer leur épingle du jeu avec leurs mélodies électro-pop accrocheuses et quelques blagues. Reste qu’on a pu observer tout un décalage entre leur prestation et celle de Jay-Jay.

Sans trop faire attendre la foule, les rideaux de la salle Cassavetes dévoilaient un piano, deux claviers et un micro. Après quelques albums plutôt centrés sur des lignes électroniques, le nouvel album de Jay-Jay Johanson (Self-Portait) promettait un retour aux atmosphères trip-hop épurées qu’on lui connaissait. Les premières notes jouées par son pianiste Erik Jansson nous ont replongé directement dans les premiers succès de l’artiste suédois : « I’m Older Now », « Believe In Us », « Anywhere Anytime », « Milan, Madrid, Chicago, Paris », « She’s Mine But I’m Not Hers » et j’en passe. Ce que j’ai trouvé remarquable était la qualité de l’interprétation et des réadaptations. La voix sensible et mélancolique que l’on retrouve sur les albums est magnifiée à la puissance dix en spectacle et on est rapidement transporté dans un monde de solitude qui est caractéristique aux textes intimes de Johanson. Pendant quasiment deux heures, le personnage frêle et timide nous a chanté la tristesse et le déchirement. Ici et là, il incorporait des nouveautés tirées de Self-Portait, suffisamment pour que nous puissions retrouver les titres qui ont fait de Jay-Jay Johanson un artiste incontournable de la scène électronique, tant pour ses albums que ses spectacles hypnotisants.



vendredi 7 octobre 2011

Soap&Skin – Lovetune for Vacuum

Un bal torturé, ou plutôt, le bal des torturés; je ne saurais pas trop comment décrire autrement le premier album de Soap&Skin, projet de la jeune Autrichienne Anja Plaschg. Idéalement, vous pourriez tous écouter l’album en lisant ceci, mais ce n’est pas l’idéal, alors voilà; le monde qui enveloppe Lovetune of Vacuum est inquiétant, sombre et fascinant. On imagine facilement une petite fille dans une robe bouffie en satin noir, contrastant avec son teint blême, jouant avec ses petites poupées en porcelaine, comme si elle jouait avec des répliques miniatures d’elle-même. Elle est seule et s’amuse naïvement, ne se doutant de rien. Et moi aussi, je ne me doutais de rien.

Du haut de ses 18 ans, Anja Plaschg nous étonne de sa sensibilité et de son flaire pour les ambiances quasi gotique qui plane sur Lovetune of Vacuum. Par contre, en lisant d’avantage sur la personne derrière Soap&Skin, on ne s’étonne peut-être pas d’apprendre qu’elle c’est toujours considérée comme étant assez marginale, même depuis sa plus tendre enfance. D’entre les pièces de ce premier effort transparaît une grande fragilité, mais aussi une sagesse amère qu’on reconnait chez les vieilles filles. Sa voix, très particulière, est aux allures d’une Cat Power légèrement plus jeune et plus innocente, mais l’ensemble de l’œuvre pourrait facilement se rapprocher des premiers albums de Cocorosie et même, par moment, on présent des clins d’œil à Björk.

Chaque chanson semble être, à la fois, la complainte d’un amour fracassé, mais aussi celle d’une vie quelque peu troublée. Passant de la ballade piano-voix (Thanatos, Spiracle, en fait, pas mal tout l’album) à des essais du côté électronique (Marche Funèbre, DDMMYYYY, Fall Foliage) et même une ou deux pièces strictement instrumentales (Turbine Womb), Lovetune for Vacuum dévoile une douce mélancolie face à laquelle on ne peut rester de glace.