C’est par un vendredi soir froid et pluvieux de novembre que la chanteuse et multi-instrumentiste Imogen Heap débarqua à Montréal. Devant Le National qui affichait complet, l’artiste britannique venait nous présenter son nouvel album, Ellipse. Probablement grâce à de nombreuses apparitions musicales dans des téléséries américaines à grand succès, la salle était comble et on sentait la foule surexcitée. Bien avant d’entendre les premières notes, la table était mise : sur la scène, on comptait un grand arbre blanc, un piano transparent vidé, une chaise recouverte de fourrure blanche et des guirlandes de lumières ici et là. On aurait cru avoir devant nous le décor d’une forêt enchantée ou la chambre d’une adolescente qui s’accrocherait aux contes de fées de son enfance. Quoi de mieux pour habiller l’univers d’Imogen Heap.
Immédiatement en arrivant sur scène et comme par magie, elle établit un contact direct avec la foule conquise d’avance. On tombe volontiers sous le charme de cette grande enfant qui nous chante ses hauts et ses bas. Fredonnant entre les pièces et dansant avec un plaisir contagieux, on avait l’impression qu’elle nous lisait les pages de son journal intime. N’hésitant pas à verser dans l’anecdotique, Imogen nous amena ses chansons de façon légère et naïve. Mais attention, il ne faut pas se laisser prendre au jeu de cette simplicité juvénile : derrière toutes ces chansons aux allures innocentes se cache un travail de moine. Artisane de la « loop » et des effets, quasiment rien n’est préenregistré. Elle monte les pièces couche par couche, rythme par rythme. À ses poignets, elle s’arme de deux petits micros qui amplifient tous les sons et le tour est joué. Bien entendu, tout n’est pas trafiqué : sa voix reste intacte et captivante. Elle est aussi très ingénieuse dans le choix de ses instruments; jumelant l’array mbira (un petit piano à pouces d’origine africaine), le keytar (fusion entre la guitare et le clavier), le piano, un petit oiseau robotique et un carillon. Elle invite même, dans chaque ville, un violoncelliste différent pour l’accompagner sur quelques pièces.
Le clou de la soirée était sans nul doute son rappel. Elle nous a offert les incontournables de son répertoire (Hide & Seek et Just for Now ), mais cette fois, sans artifice. À la place, elle a fait appel au public qui était plus que ravi de l’accompagner dans ses pièces électropop douces amères. Entonnant les paroles des chansons, l’audience embarqua avec grand plaisir dans l’orchestre dirigé par Imogen. Une finale toute en douceur pour terminer un spectacle qui a fait le plus grand bonheur de tous ceux et celles qui ont eu la chance d’y assister. Reste à voir si elle pourra répéter l’exploit lorsqu’elle sera de retour en avril 2010. À suivre (avec un plaisir quasi coupable).
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