Depuis 2000, ce quatuor japonais ne cesse de sortir des albums d’une beauté et d’une sensibilité à chaque fois plus intense. Avec Hymn To The Immortal Wind, Mono reste fidèle à ses habitudes. Voilà un cinquième album studio pour souligner leur dixième anniversaire, rien de moins, nous laissant vraisemblablement un des albums les plus forts de 2009.
La structure de ce nouvel opus est semblable à celle que l’on retrouve dans leurs sorties précédentes. Toutefois, on ne se lasse pas de la formule guitares lourdes, percussions mordantes, montées dramatiques et juste assez d’intensité. De plus, Hymn To The Immortal Wind fait preuve d’une évolution depuis You Are There, sorti en 2006. Les mélodies sont d’avantage axées sur le côté orchestral de la chose, s’inspirant ici et là de la musique orientale (« Ashes In The Snow ») et reprenant des bribes de leur album Palmless Prayer / Mass Murder Refrain, majoritairement inspiré des univers de World’s End Girlfriend, qui a collaboré à l’œuvre.
Par ailleurs, le quatuor a fait appel à un orchestre de chambre d’une vingtaine de musiciens pour l’occasion. Le point culminant de l’album reste certainement la pièce « The Battle To Heaven », qui intègre tous les aspects qui érigent Mono au rang de l’un des plus importants groupes de musique post-rock. Cette pièce est, comme le titre le suggère, un combat entre la simplicité et la puissance de leur oeuvre.
Hymn To The Immortal Wind est certainement l’un des albums les plus grandioses que le groupe ait pondu et, bien entendu, on leur souhaite un autre dix ans, pour notre plus grand plaisir aussi.
Un endroit où je dépose mes critiques, quelles soient vieilles ou récentes. Des albums, des spectacles, du design: de tout quoi. Régalez-vous... question de passer le temps.
lundi 21 novembre 2011
jeudi 17 novembre 2011
Pawa Up First - The Outcome
Décidemment, Pawa Up First ont trouvé la formule magique. La jeune formation montréalaise nous revient avec un troisième album, The Outcome, et le décor n’a pas changé. Depuis 2001, Serge Nakauchi Pelletier et ses amis derrière Pawa Up nous proposent un rock à saveur morricone/rock/rap avec une touche d’électro.
Toujours très cinématographiques, leurs ambiances nous transportent, dès les premières notes, dans un film western-spaghetti inquiétant et sombre dont les seuls rôles parlés sont joués par des rappeurs montréalais : Boogat et D-Shade (de Shades of Culture). Et quelles contributions extraordinaires que celles de ces vedettes du rap québécois. En plus d’être franchement puissante, surtout la pièce « Territorio (feat. Boogat) », leur performance offre une variante particulière à la musique que l’on surnomme « post-rock » : un flow.
Une trame sonore accompagne des propos présentés différemment et de façon autrement plus rafraichissante. Par contre, The Outcome ne semble pas vouloir ce défaire d’un son parfois trop semblable aux albums précédents. Il marque tout de même des points avec des pièces comme « Nowhen » et « Last Man Standing », dans lesquelles on ressent toute la fougue et l’urgence du groupe. Et même, à certains moments, la part d’électro prend le dessus et on se laisse emporter par un souffle brumeux et lugubre (« The Ruins »).
À la fin, la pièce qui signe l’album, « The Outcome », illustre bien l’optique de ce troisième opus : ce que l’on connait du groupe montréalais, ce qu’on attendait d’eux et une touche de nouveauté. Décidemment, Pawa Up First ont trouvé la formule magique et font dorénavant partie intégrante du paysage musical québécois.
Toujours très cinématographiques, leurs ambiances nous transportent, dès les premières notes, dans un film western-spaghetti inquiétant et sombre dont les seuls rôles parlés sont joués par des rappeurs montréalais : Boogat et D-Shade (de Shades of Culture). Et quelles contributions extraordinaires que celles de ces vedettes du rap québécois. En plus d’être franchement puissante, surtout la pièce « Territorio (feat. Boogat) », leur performance offre une variante particulière à la musique que l’on surnomme « post-rock » : un flow.
Une trame sonore accompagne des propos présentés différemment et de façon autrement plus rafraichissante. Par contre, The Outcome ne semble pas vouloir ce défaire d’un son parfois trop semblable aux albums précédents. Il marque tout de même des points avec des pièces comme « Nowhen » et « Last Man Standing », dans lesquelles on ressent toute la fougue et l’urgence du groupe. Et même, à certains moments, la part d’électro prend le dessus et on se laisse emporter par un souffle brumeux et lugubre (« The Ruins »).
À la fin, la pièce qui signe l’album, « The Outcome », illustre bien l’optique de ce troisième opus : ce que l’on connait du groupe montréalais, ce qu’on attendait d’eux et une touche de nouveauté. Décidemment, Pawa Up First ont trouvé la formule magique et font dorénavant partie intégrante du paysage musical québécois.
lundi 7 novembre 2011
Tortoise - Beacons of Ancestorship
Le quintet de Chicago aux multiples formations synonymes et sous-groupes nous revient enfin avec un nouvel album fort attendu. Ce géant de la musique rock instrumentale (post-rock ?), considéré comme l’un des pères fondateurs du mouvement aux États-Unis, renaît 5 ans après « It’s All Around You », probablement l’un des albums les plus « beige » que le groupe ait sortis.
Aux limites du psychédélique, « Beacons of Ancestorship » propose un nouveau portrait musical. Mélangeant distorsion et mélodie, l’accent est mis sur des sons percussifs et mordants (Northern Something, Yinxianghechengqi, etc.). Beaucoup plus synthétique que ce que l’on pourrait s’attendre d’un groupe qui ère normalement plus proche du jazz, l’ensemble est réellement plus électronique qu’acoustique. On est loin de l’œuvre cérébrale de « Millions Now Living Will Never Die » : moins abstrait ; plus instinctif, parfois même plus inquiétant. La pièce The Fall of Seven Diamonds Plus One incarne probablement le Tortoise des débuts, mais avec une touche grise qui est non sans rappeler le travail d’Ennio Morricone. Quinze ans après leur premier album, « Beacons of Ancestorship » est en quelque sorte un retour aux sources, pas nécessairement au niveau du son, mais plutôt sur la démarche. Le désir d’outrepasser les limites de la musique rock (ou jazz) conventionelle est toujours aussi important et l’urgence des premiers moments y est toujours. On sent qu’ils ont voulu tenter quelque chose de nouveau ; voir jusqu’où ils pourraient se rendre, tout en gardant leur signature, leur image. Le produit final est à la hauteur de l’image quasi légendaire du groupe qui a su se distinguer dans le passé par une volonté d’expérimentation sans contrainte. On retrouve enfin le Tortoise des vieux jours, mais avec une touche de renouveau bienvenue et, apparemment, nécessaire.
Aux limites du psychédélique, « Beacons of Ancestorship » propose un nouveau portrait musical. Mélangeant distorsion et mélodie, l’accent est mis sur des sons percussifs et mordants (Northern Something, Yinxianghechengqi, etc.). Beaucoup plus synthétique que ce que l’on pourrait s’attendre d’un groupe qui ère normalement plus proche du jazz, l’ensemble est réellement plus électronique qu’acoustique. On est loin de l’œuvre cérébrale de « Millions Now Living Will Never Die » : moins abstrait ; plus instinctif, parfois même plus inquiétant. La pièce The Fall of Seven Diamonds Plus One incarne probablement le Tortoise des débuts, mais avec une touche grise qui est non sans rappeler le travail d’Ennio Morricone. Quinze ans après leur premier album, « Beacons of Ancestorship » est en quelque sorte un retour aux sources, pas nécessairement au niveau du son, mais plutôt sur la démarche. Le désir d’outrepasser les limites de la musique rock (ou jazz) conventionelle est toujours aussi important et l’urgence des premiers moments y est toujours. On sent qu’ils ont voulu tenter quelque chose de nouveau ; voir jusqu’où ils pourraient se rendre, tout en gardant leur signature, leur image. Le produit final est à la hauteur de l’image quasi légendaire du groupe qui a su se distinguer dans le passé par une volonté d’expérimentation sans contrainte. On retrouve enfin le Tortoise des vieux jours, mais avec une touche de renouveau bienvenue et, apparemment, nécessaire.
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